UN SEUL SHILLING EN POCHE

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Une histoire tirée de la vie de Joseph Bates,
le plus âgé des trois fondateurs de l’Eglise adventiste du 7ème jour

Fairhaven, Massachussetts. Les parents de Joseph Bates s’y installèrent en 1793, alors que ce dernier n’avait pas encore un an. « Quand j’étais écolier, raconte-t-il, je n’avais qu’un seul désir : devenir marin. » En conséquence, en 1807, à l’âge de 15 ans, Joseph fit voile pour la première fois vers l’Angleterre. En chemin, il tomba à la mer, à l’insu des requins qui, les ayant suivis pendant des jours, nageaient calmement de l’autre côté du navire. Deux ans plus tard, Joseph tomba aux mains de pirates danois. Heureusement, il arriva à s’échapper, et retourna en Angleterre où il passa cinq ans de servitude dans les navires de guerre du roi George, et en tant que prisonnier à la guerre de 1812.

Plus tard, Joseph devint capitaine et copropriétaire de navires. Prudence, sa femme, était une femme fidèle et pieuse, la femme typique d’un capitaine des mers, attendant avec espérance son retour chaque fois qu’il était en voyage. Heureusement, son espoir ne fut jamais déçu. Un jour, elle plaça une Bible dans le coffre de marin de son mari, et d’autres livres spirituels. Et Joseph se convertit dans la solitude, à bord de son navire… grâce à ces livres. Mettant résolument de côté l’alcool, le tabac, les jurons, le capitaine Bates devint un modèle de réforme sanitaire et de puissance spirituelle pour un peuple et une cause qu’il ne connaissait pas encore.

Avec le temps, Joseph accumula une modeste fortune, soit 12000 dollars.

Avant d’entreprendre son dernier voyage, il se joignit à l’église de sa femme, la Christian Connection, qui le conduisit au baptême. Son père âgé, mélancolique, lui fit remarquer qu’il l’avait fait baptiser au sein de sa propre église, l’Église congrégationaliste, alors qu’il n’était qu’un bébé. « Mais, dit Joseph, la Bible dit “Croyez et soyez baptisés”, et j’étais trop jeune alors pour croire. »

A son retour d’Amérique du Sud en 1828, Joseph Bates quitta définitivement la mer pour prendre sa retraite, soit 21 ans après son premier voyage en mer en tant que mousse.

En 1831, il participa à la construction d’un lieu de prière pour son église. Il lui fut attaché jusqu’au jour où une succession rapide d’événements changea ses plans. Le message du retour de Jésus le saisit en 1839.

Là, devant sa vieille maison à Fairhaven, nous avons fait un voyage dans le temps. Nous l’avons imaginé assis à son bureau en ce jour estival de 1846, commençant à écrire son “livre” (une brochure de 48 pages), intitulé “Le Sabbat du septième jour, un signe perpétuel”. Sa femme l’interrompit et lui demanda d’aller lui acheter suffisamment de farine pour qu’elle puisse terminer son pain. Joseph n’avait qu’un seul shilling en poche, tout ce qui lui restait de sa fortune.

-Joseph, dit-elle, il me manque de la farine pour finir mon pain.

-Ah bon ? Combien t’en manque-t-il ?

-Oh, environ quatre livres.

-Très bien.

Il se leva, alla acheter quatre livres de farine, revint et la déposa sur la table tandis que Prudence était sortie un instant. Mais elle ne tarda pas à revenir le voir, avec un soupçon au cœur qu’elle espérait le voir dissiper.

-Joseph, d’où vient cette farine ?

-Je l’ai achetée. C’est bien ce que tu voulais ?

-Oui, mais toi, capitaine Joseph Bates, un homme qui a parcouru les mers avec des cargaisons valant des milliers de dollars, n’es-tu sorti que pour acheter quatre livres de farine ?

-Femme, pour acheter ces quatre livres de farine, j’ai dépensé tout l’argent qu’il me reste sur terre.

C’était donc vrai ! Prudence Bates était une femme pieuse. Elle avait été d’accord pour que son mari investisse son argent dans la cause du retour du Christ, car elle partageait sa conviction. Mais à mesure que leur fortune diminuait, elle avait refoulé sa crainte, hésitant à lui demander combien d’argent il lui restait. Maintenant, elle savait. En outre, elle ne partageait pas son opinion sur cette nouvelle vérité du Sabbat, et il en fut ainsi pendant quatre années encore. Pendant ce temps, il la conduisit fidèlement à son église tous les dimanches, et alla la chercher après le service. En 1850, Prudence suivit Joseph dans le message du troisième ange, avec sa vérité du Sabbat, et pendant 20 ans, jusqu’à sa mort, elle fut une observatrice du Sabbat remarquable et pieuse. Mais maintenant !

Elle se mit à verser des larmes qu’elle essuya de son tablier. Des sanglots dans la voix, elle s’écria :

-Qu’allons-nous faire ?

-Je vais écrire un livre sur le Sabbat et le distribuer partout pour apporter la vérité aux gens, dit-il tranquillement.

-Oui, mais de quoi allons-nous vivre ?

-Oh, le Seigneur pourvoira.

-C’est ça ! Le Seigneur pourvoira ! C’est toujours ce que tu dis !  Et elle se retira en sanglotant.

Joseph se mit à la tâche. Une demi-heure plus tard, il se sentit poussé à se rendre au bureau de poste pour aller chercher une enveloppe contenant de l’argent. Il s’y rendit de suite, et à son grand bonheur, on lui remit une lettre dans laquelle se trouvait un billet de 10 dollars ! Un homme lui avait envoyé cette somme parce qu’il avait senti que le pasteur Bates avait besoin d’argent. Joseph en profita pour acheter ce dont ils avaient besoin, et fit livrer le tout à la maison pour faire une surprise à sa femme. A son retour, elle lui demanda avec excitation d’où venaient ces bonnes choses.

-Oh, dit-il, le Seigneur les a envoyées.

-Que veux-tu dire par “le Seigneur les a envoyées” ?

-Prudy, lis cette lettre, et tu apprendras comment le Seigneur pourvoit.

Prudence Bates lut la lettre ; elle rentra dans la maison et pleura un bon coup, mais pour une raison différente cette fois !

Et le message du Sabbat se répandit dans le pays. Aujourd’hui, de nombreux croyants dans le monde entier sont le fruit, en partie, de ce message. Joseph Bates utilisa son dernier shilling comme un acte de foi démontrant qu’il était le serviteur de Jéhova-Jiré, le Seigneur qui pourvoit. Et il ne crut pas en vain.

Arthur W. Spalding