POURQUOI TANT DE JEUNES SE SUICIDENT-ILS ?

OCCHI SANI
01/06/2016
LE JOUR DES TÉNÈBRES
01/06/2016

 

Jeanne était désespérée, la vie  n’avait plus aucun attrait pour elle. Plus d’une fois elle avait intenté à sa vie. Mais chaque fois ses parents l’avait découverte juste à temps … Maintenant ils l’avaient laissée seule dans sa chambre, convaincus que tout cela n’était qu’une passade et que cette terrible pensée allait sortir de la tête de leur fille. Jeanne restait seule avec ses obsessions et ses tristes souvenirs, parmi lesquels elle cherchait anxieusement un brin de bonheur pour s’y accrocher, comme un naufragé s’accroche de toutes ses forces au tronc qui par hasard se trouve en haute mer pour sauver sa vie, mais c’est inutile. Elle ne trouve aucun motif assez fort pour continuer de vivre. Elle est confuse. « Je n’en peux plus ! » dit-elle à haute voix. Et se dirigeant vers la fenêtre, elle se jette du 12ème étage pour mettre fin à sa vie. Jeanne avait seulement 16 ans.

J’ai entre les mains le journal qui a publié la fin tragique de la jeune fille. Un suicide de plus qui ira s’ajouter aux chiffres froids des statistiques des mortalités juvéniles qui sont publiées chaque année.

L’Organisation Mondiale de la Santé nous informe que chaque jour, 1000 personnes se suicident dans le monde, parmi lesquelles un pourcentage élevé sont des jeunes gens. Aux Etats-Unis, le pays de la statistique par excellence, le pourcentage des jeunes suicidés a triplé depuis 1950 et c’est la quatrième cause de décès, après les accidents de la route, les cancers et les meurtres. En France, le suicide occupe aussi la quatrième place pour la mortalité parmi les adolescents de 15 à 19 ans et la troisième parmi les jeunes de 20 à 24 ans, juste après les accidents de la circulation (J.M. Costa et autres auteurs : Le suicide. Edition de l’Académie des Sciences Médicales de Cataluña. Barcelone. p. 83).

A mesure que ces épisodes désagréables se répètent dans la vie quotidienne, la société adopte une certaine passivité. A ce mal, il faut en ajouter d’autres tout aussi préoccupants. C’est le nombre de jeunes qui, même s’ils ne quittent pas la vie, vivent sans aucune espérance, déçus et dégoutés de tout ce qui les entoure. Ils n’ont aucun but élevé et attrayant à atteindre et qui pourrait les motiver. Ils voient le futur avec scepticisme et indifférence et c’est précisément cette apathie qui les pousse à remplir leur cœur avec de la drogue, de la délinquance, du sexe corrompu ou alors tout simplement ils végètent. Ils récoltent la frustration, l’insatisfaction et la tristesse. Nous n’aimerions pas passer outre toutes les causes de suicide qui ne sont pas enregistrées sur les listes officielles.

Causes diverses

Les raisons pour lesquelles une jeune personne décide de mettre fin à sa vie sont multiples et sont liées entre elles ; c’est pour cela que ce n’est pas facile de les identifier et de les isoler. Toutefois la raison dominante comme cause principale dans un grand nombre de suicides, c’est le manque de valeurs morales et religieuses dans l’éducation reçue au foyer et ses influences négatives. Il y a d’autres causes que nous mentionnerons en passant et nous mettrons en évidence celles qui sont d’origine pathologique.

L’éducation au foyer

Les jeunes gens qui sont nés et qui ont grandi dans des foyers divisés et qui ont dû boire l’eau contaminée des disputes, de la haine, de la rancœur entre leurs parents ; l’absence de bons exemples d’une éducation religieuse et de principes moraux peut générer en eux des comportements pleins de conflits. Ils sont égoïstes, froids, sans repaires, ils transgressent les lois de la société, ne sont pas solidaires, et sont enclins à tout essayer et à se rebeller contre tous. Cela ne veut pas dire que tous les jeunes qui ont grandi dans de tels foyers seront ou deviendront suicidaires dans le futur. Mais, au moins ce que nous pouvons dire avec assurance, c’est que de tels environnements marquent négativement les jeunes ; les dégâts se verront avec le temps.

N’oublions pas que le foyer est la première école de l’enfant où il apprend les règles de conduite qu’il adoptera ensuite dans sa vie. Récemment une association dédiée à l’étude de la prévention de l’infanticide (mort violente d’un enfant par son père) a publié, entre autre, la conclusion suivante : « Si un enfant vit dans la critique, il apprendra à condamner. S’il vit dans l’hostilité, il apprendra à se battre. S’il vit dans la honte, il apprendra à se sentir coupable… »

Il y a toujours plus d’enfants qui souffrent de maltraitance. Aux Etats-Unis, le pays qui a le plus grand pourcentage de suicides juvéniles, les statistiques assurent que 3% des enfants sont maltraités (Matronal Children Center of USA) et malheureusement le nombre d’enfants maltraités est encore plus élevé dans les pays européens.

Il a été prouvé par de nombreuses études réalisées par des experts, que la majeure partie des délinquants consultés, venaient de foyers problématiques. Parents divorcés, et d’autres, qui continuent de vivre sous le même toit mais ne s’entendent plus entre eux ; nombreux sont les cas où le père maltraite la mère, ou l’un des conjoints est alcoolique.

Le manque de dialogue avec les enfants peut affecter négativement leur comportement. Un tel environnement les pousse à sortir dans la rue où ils font connaissance avec des gens qui trop souvent sont encore plus désorientés qu’eux. Quand il n’y a pas de dialogue, la confiance ne peut pas croître, l’amour ne peut se manifester bien que ce serait le meilleur remède pour éviter le suicide. Il y a quelque temps une bien triste nouvelle fut annoncée : On avait retrouvé le corps sans vie d’un jeune homme dans un canal d’irrigation. Quand la police enquêta pour connaître la cause du drame, elle découvrit que le jeune homme s’était suicidé parce qu’il n’avait pas été reçu à ses examens. Il ne désirait pas faire de la peine à ses parents et ainsi il décida de mettre un terme à sa vie. Est-ce que cette chose terrible serait arrivée si un dialogue franc et ouvert avait existé dans le foyer ? Nous ne le croyons pas.

Influence négative

Salomon disait : « … le péché est la honte des peuples. » Proverbes 14 : 34. Aujourd’hui nous pouvons constater plus que jamais l’accomplissement de ces paroles dans nos sociétés dites « civilisées ». Partout nous voyons la corruption et l’immoralité. Le concept du péché a été enterré profondément et la porte du libertinage s’est ouverte toute grande. Plus rien n’est péché, tout est permis : l’homosexualité, le lesbianisme, la sexualité effrénée, les relations sexuelles entre adolescents sont même sanctionnées par les professeurs de collèges. Les médias, et spécialement la télévision, au lieu d’être un canal par lequel la culture générale et l’éducation pourraient édifier, se sont convertis en un puissant et dangereux propulseur, d’où sont offerts au public le sexe effréné en abondance, des séries ou films roses qui donnent une vision irréelle de la vie, produisant la frustration parmi la jeunesse et les adultes. C’est la violence à l’extrême. Il semblerait qu’on prenne davantage la défense de l’assassin, du viol, de la guerre, de la drogue, du larcin que d’offrir au public quelques divertissements inoffensifs. Tout cela exerce une influence destructive sur les esprits en formation de notre jeunesse. Et que dirons-nous donc de la musique ? Les jeunes aiment la musique, mais malheureusement trop souvent ils s’enchaînent à une sorte de musique qui entraîne le dérèglement de toutes parts. Nous parlons de la musique rock qui s’est convertie ces dernières années en un article de consommation parmi la plupart des jeunes.

Des experts en la matière sont arrivés à la conclusion que le rock dur conduit la jeunesse en général à des actes de violence et d’agressivité. L’investigateur Adam Rniest, affirme que le rock n’est pas un passe-temps inoffensif, mais une drogue plus mortelle que l’héroïne. En Argentine, vers la fin de l’année 1992, une jeune fille se suicida parce que ses parents lui avait interdit d’assister à un concert d’un groupe de musiciens rock. A Santiago du Chili, ce même groupe provoqua des tumultes durant un concert. La police dut faire face à des fans intoxiqués et drogués.  Un autre groupe célèbre du même genre de musique, Ozzy Osborne, avec sa chanson « solution suicide », s’est retrouvé mêlé à plusieurs affaires judiciaires car des parents avaient porté plainte suite à de nombreux suicides de jeunes personnes qui avaient pris les paroles de la chanson à la lettre.

Le pire dans toute cette affaire c’est que ce genre de musique est intimement lié au satanisme. Le cardinal John J. O’ Connor, de New York, dit : « Le diable a dans la musique rock et le Heavy Metal le meilleur de ses prophètes : ces chansons sont un piège pour la jeunesse, une pornographie sonore, une instigation au suicide. » Il y a à peu près trente ans, le pasteur protestant Gary Greenwald, fit la découverte qu’en faisant tourner à l’envers les disques des groupes célèbres de son époque on y trouvait des prières aberrantes adressées à Satan. Il ne faut pas s’étonner que ces messages, qui ne sont pas captés part la partie consciente de l’être humain provoquent certaines formes de démonisme. La musique rock est liée à la consommation d’alcool et de drogue, et développe la rébellion et la sexualité effrénée et ainsi la jeunesse perd sa volonté et de ce fait : « …est saisi[e]par les liens de son péché. » Proverbes 5 : 22.

Dieu est rejeté. Le monde ne veut rien savoir de Dieu. Les hommes ont fermé la porte de leurs foyers, de leurs réunions administratives gouvernementales, de leurs écoles, de l’université, du travail… Le résultat est une société soi-disant chrétienne mais inhumaine. Jean-Jacques Rousseau, disait déjà : « L’oubli de toute religion conduit à l’oubli des devoirs de l’homme ». Nous ne parlons pas d’athéisme qui détruit les bonnes valeurs morales, mais du christianisme bon marché et falsifié existant dans la majeure partie des pays occidentaux.

Cela et d’autres facteurs sociaux, comme la perspective démoralisante du marché du travail, les déceptions amoureuses, la peur du ridicule, le rejet de la part de leurs pairs, le sentiment de culpabilité, etc., préparent le bouillon de culture d’où peut surgir un jour l’idée peu attrayante de mettre fin à sa vie. Que pouvons-nous faire en tant que parents, éducateurs, assistants sociaux devant la grande responsabilité que nous avons envers la jeunesse?

L’Evangile et la jeunesse

En premier lieu nous devons laisser Dieu entrer dans nos foyers. Non pour une simple visite et ensuite le renvoyer. La présence de Dieu à travers son Esprit et matérialisée dans le message biblique, doit être quelque chose de certain et permanent dans les foyers desquels il y a une espérance à partager avec les enfants. De cette manière nous pourrons poser des fondements fermes et immuables de caractères droits et équilibrés.

Dieu existe et il nous a donné son message d’amour à travers son Fils Jésus-Christ, qui devint chair et habita parmi nous (Jean 1 : 14). Il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent (Hébreux 11 : 6) et chaque jeune personne qui met sa confiance dans le Seigneur Jésus ne sera pas confuse. Elle regardera vers le futur avec espérance et le temps présent sera utile et produira des fruits, parce que la vérité la rendra libre (Jean 8 : 31, 32). Même si elle traverse des difficultés et des tentations le Seigneur sera son Berger et elle ne manquera de rien (Psaume 23 : 1). Esaïe dit : « Ceux qui se confient en l’Eternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme les aigles ; ils courent, et ne se lassent point, ils marchent, et ne se fatiguent point. » Esaïe 40 : 31. C’est un spectacle impressionnant que de voir un aigle s’élancer vers les hauteurs. Depuis les ténèbres de la vallée il monte toujours plus haut, par dessus le sommet des montagnes et des falaises abruptes, cherchant la lumière. L’enfant de Dieu  reçoit des forces d’en haut, montant  toujours, progressant toujours de grâce en grâce, de victoire en victoire, laissant derrière lui les ténèbres des gorges abruptes.

Combien de malheurs les jeunes pourraient éviter si dans chaque foyer où ils grandissent ils pouvaient recevoir l’influence ennoblissante de l’Evangile ! Le roi David nous a transmis cette grande vérité : « Comment le jeune homme rendra-t-il pur son sentier ? En se dirigeant d’après ta parole. » Psaume 119 : 9. Et Salomon son fils, enseigna : « Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre ; et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas. » Proverbes 22 : 6. « Celui qui se souvient de la correction prend le chemin de la vie. » Proverbes 10 : 17.

Les jeunes à qui l’on a enseigné d’accepter Christ comme leur Sauveur personnel, qui apprennent à se confier en sa parole et font d’elle leur guide dans la vie, n’empoigneront pas le poignard, mais les instruments utiles de leur métier. Ils n’emploieront pas de revolvers, mais la puissance d’arguments et de raisonnements convaincants, prenant racine dans la vérité et la justice. Ils n’emploieront pas la force mais le dialogue et l’amitié. Ils ne brûleront pas leur vie sur l’autel des passions, mais l’offriront au service de l’humanité.

Le cerveau a été fait pour penser, pour créer, pour être éduqué dans l’amour… Il peut aussi recevoir des impressions qui le détruiront. La qualité des pensées dépendra en grande partie des parents qui forgeront l’esprit de l’enfant. Au musée britannique de Londres, il y a une pierre qui est dure comme de l’acier. Malgré cela on peut y voir l’empreinte d’un oiseau. Dans le passé cette pierre était molle et n’importe quelle empreinte, aussi légère fut-elle y est restée imprimée pour toujours. Ellen G. White, éducatrice, écrivain prolifique ayant une bonne  connaissance de la nature humaine, nous dit : « Le caractère de Napoléon Bonaparte fut grandement influencé par l’éducation qu’il reçut dans son enfance. Des éducateurs malavisés lui inspirèrent la soif des conquêtes en le mettant à la tête d’armées imaginaires. Ainsi furent jetées les bases de sa carrière émaillée de luttes et de carnages. Si l’on avait mis les mêmes soins et déployé les mêmes efforts pour faire de lui un homme de bien, en inculquant à son jeune cœur l’esprit de l’Evangile, son histoire eût été toute différente. » –  Pour un bon équilibre mental et spirituel, vol. 1, p. 293.

Moïse le grand chef d’Israël, avait reçu l’influence décisive de sa mère Jokébed, qui lui apprit à marcher sur les chemins de Dieu. Samuel, le juge, prophète et prêtre sans comparaison parmi le peuple de Dieu but à la source de l’éducation basée dans le respect et l’amour de Dieu. Le prophète Daniel, auteur du livre qui a guidé la vie de millions d’êtres humains, fut instruit dans son enfance selon les principes du ciel. Notre Seigneur Jésus-Christ, aux pieds de sa mère Marie, entendit les enseignements qui émanaient des textes sacrés et qui plus tard, unis à l’œuvre du Saint Esprit, l’aidèrent à mener à terme sa mission salvatrice. Nous pourrions ainsi citer de nombreux autres personnages de l’antiquité et des temps modernes.

« Il faudrait que les parents recherchent la meilleure manière de gagner l’amour et la confiance de leurs enfants en vue de les conduire dans la bonne voie. Ils devraient faire resplendir le soleil de l’amour sur toute la famille. … Les enfants seraient préservés de bien des maux s’ils avaient des contacts plus profonds avec leurs parents ; ces derniers devraient les encourager à être ouverts et francs avec eux, à leur exposer leurs difficultés et, lorsqu’ils sont hésitants sur la conduite à suivre, à leur soumettre la question telle qu’ils l’envisagent et à leur demander leur avis. Qui, mieux que des parents pieux, peut voir et leur signaler les dangers qu’ils courent ? » – Le foyer chrétien, pp.182, 183.

Chers lecteurs, invitons Christ à être le centre de nos familles ; invitons-le dans nos écoles et universités et faisons de ses enseignements notre insigne, notre drapeau et emblème, pour que nos jeunes gens se souviennent de Dieu tous les jours de leur jeunesse (Ecclésiaste 12 : 1) et puissent vivre sous l’abri du Très-Haut (Psaume 91 : 1), sans la menace du suicide.

Pasteur José V. Giner