“Non comme voulant plaire aux hommes” 

UNE VIE DE SERVICE
01/04/2019
UN TIZZONE
17/04/2019

Review and Herald, 22 septembre 1891

 

Notre sagesse consiste à craindre Dieu et l’aimer de tout notre cœur. Il doit être le premier et le dernier et le meilleur dans tout. Nous ne devons pas être comme les bêtes des champs, qui mangent et boivent, sans se soucier de Dieu, sans une idée de gratitude envers leur Créateur pour ses bienfaits quotidiens. Chacun de nous, doué par Dieu de facultés, de raison, d’intelligence et de jugement, devrait reconnaître sa responsabilité devant lui. La vie qu’il nous a donnée comporte un engagement sacré. Aucun de ses moments ne doit être considéré à la légère. Nous aurons à rendre compte au jour du jugement. Dans les livres du ciel, la vie de chacun de nous est soigneusement enregistrée, comme sur une plaque photographique. Non seulement nous serons tenus responsables de ce que nous aurons fait, mais aussi de ce que nous aurons négligé. Nous aurons à répondre du développement incomplet de notre caractère et des occasions perdues.

Chers jeunes gens, sachez que votre péché vous atteindra.Le Sauveur a dit : “Il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu.” Cette déclaration est trop claire et nette pour être mal comprise. Les péchés commis en secret, que ce soit dans la clarté du jour, dans l’obscurité de la nuit, dans le désert, dans la ville, dans la solitude, n’échapperont pas à l’attention de Dieu. Chaque âme doit être récompensée selon ses œuvres. L’œil qui ne sommeille jamais, a regardé tous vos mouvements, a détecté toutes vos fautes et n’a pas manqué de constater votre négligence et votre indifférence, votre mépris pour les justes revendications de Dieu. Vous avez peut-être dissimulé votre manque d’intérêt à votre père et votre mère, à vos frères et sœurs ; mais le véritable état de votre cœur envers la loi de Dieu n’est pas caché du ciel.

David s’est exclamé : “Où irais-je loin de ton esprit, et où fuirais-je loin de ta face ? Si je monte aux cieux, tu y es ; si je me couche au séjour des morts, t’y voilà. Si je prends les ailes de l’aurore, et que j’aille habiter à l’extrémité de la mer, là aussi ta main me conduira, et ta droite me saisira. Si je dis : Au moins les ténèbres me couvriront, la nuit devient lumière autour de moi ; même les ténèbres ne sont pas obscures pour toi, la nuit brille comme le jour, et les ténèbres comme la lumière.” Rien n’est caché aux yeux de Celui à qui nous avons à rendre compte. Lorsque nous réalisons que nos péchés doivent tous être révélés au jour du jugement, cela ne vous fait-il pas trembler ? Personne d’autre que celui dont le cœur est insensible au péché ne peut réfléchir à cette terrible vérité sans un pressentiment sérieux. Si nous ne nous réveillons pas à la repentance en ce temps de grâce, et si nous ne faisons la paix avec Dieu maintenant, nous nous réveillerons quand la crainte viendra comme une désolation, quand les villes des hommes, avec toute leur splendide architecture, seront renversées, et les cieux se retireront comme un livre qu’on roule.

Chaque moment de notre vie est d’un intense intérêt. L’existence n’est pas un jeu, mais un fait d’une redoutable importance, chargé d’éternelles responsabilités. Si nous la considérons à ce point de vue, nous comprendrons notre besoin du secours divin et aurons la conviction que la vie sans Dieu est une faillite complète. Mais si le Christ habite en nous, nous aurons une raison de vivre. Nous serons aussi pénétrés de la conviction que, sans la puissance de la grâce de Dieu et de son Esprit, nous ne pouvons atteindre l’idéal élevé placé devant nous. Nous sommes appelés à acquérir un caractère d’une perfection divine, et, alors que nous nous efforcerons de satisfaire aux exigences du ciel, nous serons stimulés, notre esprit sera équilibré et l’inquiétude de notre âme s’évanouira dans le repos en Christ.

Nous sommes très souvent en contact avec de gens qui ne sont jamais heureux. Ils ne jouissent pas du contentement et de la paix que Jésus peut donner. Ils font profession de christianisme mais ils ne remplissent pas les conditions mises à la réalisation des promesses de Dieu.  Jésus a dit : “Venez à moi. …Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger.” Beaucoup sont agités parce qu’ils ne s’asseyent pas à l’école du Maître. L’enfant de Dieu soumis et prêt à renoncer à lui-même comprend, pour l’avoir vécu, ce qu’est la paix de Dieu. Les vrais disciples du Christ savent qu’ils doivent prendre son joug, partager ses épreuves, porter ses fardeaux. Mais ils n’ont pas envie de se plaindre ; car la douceur et l’humilité de Christ rendent le joug aisé et le fardeau léger.

L’amour des aises, la recherche du plaisir, l’orgueil nous empêchent d’apprendre de précieuses leçons à l’école du Christ. Le chrétien a le devoir de ne pas se laisser dominer par son entourage et par les circonstances, mais de façonner son caractère d’après le divin modèle. Il doit être fidèle partout où il se trouve, accomplir sa tâche avec conscience, user des occasions que Dieu lui donne, et employer au mieux ses capacités. Avec un œil unique sur la gloire de Dieu, il doit travailler pour Jésus où qu’il soit. Nous devons abandonner la volonté, le cœur, à Dieu et connaître le Christ. Nous devons nier le moi, prendre la croix et suivre Jésus. Aucun de nous ne peut atteindre le ciel, sauf par la voie étroite où l’on porte la croix. Mais combien portent la croix comme ornement de la personne, mais ne la portent pas dans la vie pratique et quotidienne.

Combien professent être les serviteurs de Christ ; mais comme ils ne supportent pas le reproche et la honte, à cause de lui. La croix n’est pas de se plaire à soi-même ; elle se trouve directement sur le chemin de l’amateur de plaisir et s’oppose à nos désirs charnels et nos inclinations égoïstes. La croix reproche toute infidélité dans vos travaux. Si vous portez la croix de Christ, vous n’éviterez pas les responsabilités ni de porter les fardeaux. Si vous demeurez en Christ, si vous apprenez à son école, vous ne serez ni grossier, ni malhonnête, ni infidèle. Grâce à la croix du Christ, vous pouvez extirper de votre vie toute passion ou pratique mauvaise. Dans votre travail, quel qu’il soit, il convient que vous appliquiez les principes du Christ et que vous vous donniez tout entier à l’ouvrage dont vous avez la responsabilité. Les intérêts de votre employeur doivent être les vôtres. Si l’on vous paie votre temps, vous comprendrez qu’il ne vous appartient pas, mais qu’il est à celui qui vous emploie. Un ouvrier négligent ou indolent, qui gaspille le matériel ou son temps, est considéré dans le ciel comme un serviteur infidèle.

Ceux qui se montrent infidèles dans les moindres affaires le seront également si on leur confie de plus grandes responsabilités. Ils déroberont Dieu et ne se conformeront pas aux exigences de la loi divine, sans se rendre compte qu’ils devraient consacrer au service de Dieu les talents qui lui appartiennent. Ceux qui ne font rien de plus que ce qui leur est commandé, tout en sachant qu’un effort supplémentaire assurerait le succès à l’entreprise de leur patron, ne seront pas considérés comme de fidèles serviteurs. Il y a bien des imprévus qui sollicitent l’attention de l’employé. Il y a des fuites et des pertes que l’on pourrait éviter, en se donnant de la peine, par des efforts désintéressés, si ceux qui invoquent le nom de Jésus se laissaient diriger par les principes d’amour qu’il nous a inculqués. Plusieurs parmi ceux qui travaillent dans la cause de Dieu, ressemblent à ces serviteurs qui ont besoin d’être surveillés sans cesse.Un égoïsme détestable fait qu’un ouvrier ne profite pas de son temps et ne prend pas soin de la propriété quand il n’est pas sous la surveillance immédiate de son maître. S’imagine-t-on que de telles infidélités ne sont pas enregistrées ? Si nos yeux pouvaient s’ouvrir, nous verrions qu’un Veilleur a les yeux sur nous et que toutes nos négligences sont enregistrées dans les livres du ciel.

C’est manquer de principes que de se montrer infidèle dans l’œuvre de Dieu ; c’est manquer de cette fermeté qui fait choisir le bien en toutes circonstances. Les serviteurs de Dieu devraient se sentir en tout temps sous l’œil de leur Maître. Celui qui observait Belschatsar pendant le festin sacrilège est présent dans toutes nos institutions, comme aussi sur le comptoir du commerçant et dans l’atelier de l’artisan ; la main invisible qui a écrit la sentence du roi blasphémateur prend aussi note de vos négligences. L’effroyable condamnation de Belschatsar fut inscrite en lettres de feu : “Tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé léger.” Vous subirez la même condamnation si vous manquez à vos obligations sacrées envers Dieu.

Il en est qui, sans être unis à Christ, se prétendent chrétiens. Leur vie de tous les jours, l’esprit qu’ils manifestent, montrent que le Christ, l’espérance de la gloire, n’a pas été formé au-dedans d’eux. On ne peut pas compter sur eux, on ne peut rien leur confier. Leur préoccupation est d’obtenir les plus hauts salaires pour le moindre effort. Nous sommes tous des serviteurs, et nous ferions bien de songer aux habitudes que nous contractons. Est-ce que ce sont des habitudes d’infidélité ou de fidélité ?

Est-ce une tendance générale, parmi les serviteurs, d’accomplir la plus grande somme de travail possible ? Ne cherche-t-on pas plutôt, en général, à se libérer le plus vite possible de sa besogne, et à gagner son salaire au prix du moindre effort ? On se préoccupe davantage de se faire payer que de fournir un bon travail. Ceux qui font profession de servir le Christ ne devraient pas oublier les recommandations pressantes de l’apôtre Paul : “Serviteurs, obéissez en toutes choses à vos maîtres selon la chair, non pas seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais avec simplicité de cœur, dans la crainte du Seigneur. Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur l’héritage pour récompense. Servez Christ, le Seigneur.”

Ceux qui ne travaillent que sous la surveillance d’un maître accomplissent un ouvrage qui ne résistera pas à l’examen des hommes ou des anges. L’essentiel pour réussir dans l’œuvre c’est la connaissance du Christ, connaissance qui donne des principes solides, un esprit noble et désintéressé, semblable à celui du Sauveur que l’on fait profession de servir. Dans toutes nos activités et où que nous soyons – à la cuisine, à l’atelier, au bureau d’une maison d’édition, dans un établissement sanitaire, dans une école, ou dans une partie quelconque de la vigne du Seigneur –, nous devrions faire preuve de fidélité, d’économie, de soin, d’application. “Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est injustes dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes.”