LA JUSTICE DE CHRIST

JÉSUS, NOTRE AVOCAT DEVANT DIEU
01/10/2018
DIEU DIT
01/10/2018

Review and Herald 19 et 26 août 1890

[La lettre suivante a été écrite en réponse à une lettre d’un frère ministre. Comme le sujet abordé est d’intérêt général, cela peut aider d’autres personnes que celle à qui elle a été spécialement adressée.]

Cher frère,

C’est avec plaisir que j’ai lu la lettre que vous m’avez adressée, car l’idée que l’œuvre de l’Esprit de Dieu opérée sur votre cœur lors de la réunion de Kansas n’a pas encore été effacée, est une grande satisfaction. Vous avez eu un aperçu de la justice de Christ que vous n’avez pas perdue, comme d’autres personnes l’ont fait en entrant en contact avec ceux qui n’ont pas apprécié cette vérité bénie. Je suis heureuse qu’en effet Jésus rende sa présence manifeste quand elle est vivement recherchée et reconnue avec gratitude.

Quand le message du troisième ange est prêché comme il doit l’être, sa proclamation est empreinte de force et provoque une influence durable. Il doit être accompagné de la puissance divine, sinon, il sera inefficace. On me fait souvent référence à la parabole des dix vierges, dont cinq étaient sages et cinq insensées. Cette parabole a été et sera accomplie à la lettre même, car elle a une application spéciale à cette époque et, comme le message du troisième ange, elle a été accomplie et continuera à être la vérité présente jusqu’à la fin des temps. Dans la parabole, les dix vierges avaient des lampes, mais seules cinq d’entre elles disposaient d’huile pour garder leurs lampes allumées. Cela représente la condition de l’Eglise. Les sages et les insensées ont leurs Bibles et sont pourvues de tous les moyens de la grâce ; mais beaucoup n’apprécient pas le fait qu’ils doivent avoir l’onction céleste. Ils n’écoutent pas l’invitation, « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. »

Jésus désire effacer l’image de la terre de l’esprit de ses disciples et leur imprimer l’image du ciel, pour qu’ils deviennent un avec lui-même, reflétant son caractère et révélant les mérites de celui qui les a appelés des ténèbres à son admirable lumière. Si on vous a permis de rester en la présence du Soleil de justice, ce n’est pas pour que vous puissiez absorber et dissimuler les rayons lumineux de la justice du Christ, mais que vous deveniez une lumière pour les autres. L’ennemi a des hommes dans nos rangs à travers lesquels il travaille, pour que la lumière que Dieu a permis de faire briller sur le cœur et illuminer les chambres de l’esprit puisse être obscurcie. Il y a des personnes qui ont reçu la lumière précieuse de la justice de Christ, mais elles n’agissent pas d’après celle-ci ; ce sont des vierges folles. Ils préfèrent le sophisme de l’ennemi plutôt qu’un clair et précis « Ainsi dit le Seigneur ». Quand la bénédiction de Dieu reposait sur eux pour qu’ils puissent devenir des canaux de lumière, ils n’allaient pas de l’avant d’une lumière à une plus grande lumière ; ils ont permis au doute et à l’incrédulité d’entrer, de sorte que la vérité qu’ils avaient vue devenait une incertitude pour eux.

Satan utilise ceux qui prétendent croire la vérité, mais dont la lumière est devenue ténèbres, comme ses médiums pour proférer ses mensonges et transmettre ses ténèbres. Ce sont des vierges folles qui choisissent les ténèbres plutôt que la lumière et déshonorent Dieu. Le caractère que nous cultivons, l’attitude que nous adoptons aujourd’hui est en train de fixer notre destinée future. Nous faisons tous un choix, soit d’être avec les bienheureux, à l’intérieur de la ville de lumière, soit d’être avec les impies, en dehors de la ville. Les principes qui régissent nos actions sur la terre sont connus au ciel et nos actes sont fidèlement relatés dans les registres du ciel. On sait là si nos caractères sont d’après l’ordre du Christ ou l’ordre du grand tentateur qui a provoqué la rébellion dans le ciel. Sommes-nous des vierges sages, ou devons-nous être classés parmi les insensées ? C’est la question que nous décidons aujourd’hui par notre caractère et notre attitude. Ce qui passe avec beaucoup pour la religion du Christ est composé d’idées et de théories, un mélange de vérité et d’erreur. Certains essaient de devenir suffisamment bons pour être sauvés. Ils se plaignent continuellement de leurs péchés. Le Seigneur dit d’eux : « Vous couvrez de larmes l’autel de l’Eternel, de pleurs et de gémissements, en sorte qu’il n’a plus égard aux offrandes et qu’il ne peut rien agréer de vos mains. » « Vous fatiguez l’Eternel par vos paroles, et vous dites : en quoi l’avons-nous fatigué ? C’est en disant : Quiconque fait le mal est bon aux yeux de l’Eternel, et c’est en lui qu’il prend plaisir ! Ou bien : Où est le Dieu de justice ? »

Les pénitences, les mortifications de la chair, la confession incessante des péchés, sans véritable repentir, les jeûnes, les fêtes liturgiques, les dévotions extérieures sans vraie piété – tout cela n’a aucune valeur. Le sacrifice du Christ est suffisant, son offrande à Dieu est parfaite, efficace. Les efforts humains sans les mérites du Christ sont sans valeur. Le sacrifice du Christ est suffisant ; il fit une offrande complète et efficace à Dieu ; et l’effort humain sans les mérites du Christ est sans valeur. Nous ne déshonorons pas seulement Dieu en suivant ce cours, mais nous détruisons notre utilité présente et future. L’incapacité à apprécier la valeur de l’offrande de Christ a une influence dégradante ; cela gâche nos attentes et nous prive de nos privilèges ; cela nous amène à recevoir des théories peu pertinentes et périlleuses concernant le salut qui a été acheté pour nous à un coût infini. On ne comprend pas que grâce au plan du salut, la puissance divine est communiquée à l’homme, afin que ses efforts soient couronnés de succès. …

Etre pardonné de la façon dont le Christ pardonne, c’est non seulement être pardonné, mais être renouvelé par l’esprit dans notre intelligence. Le Seigneur dit : « Je te donnerai un cœur nouveau. » L’image du Christ doit être gravée dans l’esprit, le cœur et l’âme. L’apôtre dit : « Et nous avons l’esprit du Christ. » Sans la puissance divine qui seule peut transformer l’homme, les tendances naturelles au péché restent dans le cœur humain avec toute leur intensité, y forgent de nouvelles chaînes et lui imposent un esclavage que jamais la force de l’homme ne pourra briser. Mais les hommes ne peuvent jamais entrer au ciel avec leurs anciens goûts, inclinations, idoles, idées et théories. Le ciel ne serait pas un lieu de joie pour eux ; car tout entrerait en collision avec leurs goûts, leurs appétits et leurs inclinations, et s’opposerait douloureusement à leurs traits de caractère naturels et cultivés.

Dans la parabole des vierges, cinq sont représentées comme sages et cinq comme folles. Le nom « vierges folles » représente le caractère de ceux pour lesquels l’œuvre véritable pour transformer le cœur  n’a pas été accomplie par l’Esprit de Dieu. La venue de Christ ne change pas les vierges folles en sages. Quand le Christ viendra, les balances du Ciel pèseront le caractère et décideront s’il est pur, sanctifié et saint, ou s’il est impur et impropre au royaume des cieux. Ceux qui ont méprisé la grâce divine qui les commande, qui les auraient qualifiés pour être habitants du ciel, seront les vierges folles. Ils avaient toute la lumière, toutes la connaissance, mais ils n’ont pas réussi à obtenir l’huile de grâce ; ils n’ont pas reçu la vérité dans son pouvoir sanctifiant.

Le bonheur est le résultat de la sainteté et la conformité à la volonté de Dieu. Ceux qui seront des saints au ciel doivent d’abord être des saints sur la terre ; car, lorsque nous quitterons cette terre, nous prendrons notre caractère avec nous, et ce sera simplement prendre avec nous certains des éléments du ciel qui nous ont été transmis par la justice du Christ.

L’état de l’Eglise représenté par les vierges folles, est également mentionné comme l’état du Laodicéen. Le Témoin véritable déclare : « Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. »

Les chrétiens sans conviction obscurcissent la gloire de Dieu, interprètent mal la piété et font que les hommes reçoivent de fausses idées sur ce qui constitue la piété vitale. D’autres pensent qu’ils peuvent aussi être chrétiens et pourtant consulter leurs propres goûts et prendre des dispositions pour la chair, si ceux qui font faussement profession de piété peuvent le faire. Voici la devise de beaucoup de chrétiens professés : « Vous pouvez servir Dieu et plaire à vous-même, vous pouvez servir Dieu et Mammon. » Ils professent être des vierges sages, mais ne disposant pas de l’huile de la grâce dans leurs vases avec leurs lampes, ils ne répandent aucune lumière à la gloire de Dieu et pour le salut des hommes. Ils cherchent à faire ce que le Rédempteur du monde a déclaré impossible à faire ; il a déclaré : « Vous ne pouvez pas servir Dieu et Mammon. » Ceux qui professent être chrétiens, mais ne suivent pas les traces du Christ, anéantissent l’effet de ses paroles et obscurcissent le plan du salut. Par leur esprit et leur conduite, ils disent virtuellement : « Jésus, de tes jours, tu n’as pas compris aussi bien que nous de nos jours, que l’homme peut servir Dieu et Mammon. » Ces professeurs de religion prétendent observer la loi de Dieu mais ils ne l’observent pas. O, que serait  devenue la norme de la véritable humanité si elle avait été laissée entre les mains de l’homme ! Dieu a élevé sa propre norme, les commandements de Dieu et la foi de Jésus ; et l’expérience qui suit l’abandon total à Dieu est la justice, la paix et la joie dans le Saint-Esprit. Tout ce que l’homme touche avec des mains impures et un esprit non sanctifié, même l’évangile de la vérité, devient contaminé par le contact. L’homme fait confiance à l’homme et fait de la chair son bras, mais tout le travail de l’homme est de la terre, terrestre.

Christ dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie », et c’est le privilège de chaque âme de faire du Christ son Sauveur personnel. Vous n’avez pas besoin d’attendre pour croître ; vous n’avez pas besoin de penser que vos efforts rendront vos prières acceptables et vous apporteront le salut. Que chaque homme et chaque femme prie Dieu, pas l’homme. Que chacun vienne à Christ avec humilité, parlez-lui avec vos lèvres. La demande, « Voulez-vous prier pour moi ? » est simplement devenue une manière de parler ; vous devriez prier Dieu pour vous-même, croyant qu’il écoute chaque mot que vous prononcez. Mettez votre cœur à nu pour son inspection, confessez vos péchés, demandez-lui de vous pardonner, plaidant les mérites de l’expiation, puis, par la foi, contemplez le grand plan de la rédemption, et le Consolateur apportera toutes choses à votre mémoire.

Plus vous étudiez le caractère du Christ, plus il vous paraîtra attrayant. Il deviendra comme un proche de vous, en étroite compagnie avec vous ; vos affections se dirigeront vers lui. Si l’esprit est façonné par les sujets qui l’occupent, alors le fait de penser à Jésus et de parler de lui vous permettra de devenir comme lui en esprit et en caractère. Vous refléterez son image dans ce qui est grand, pur et spirituel. Vous aurez l’esprit de Christ et il vous enverra dans le monde en tant que son représentant spirituel. Il sera votre seule gloire. Vous ne pouvez pas vous affilier au monde sans devenir un participant de son esprit, sans devenir coupable de trahison envers le Seigneur qui vous a racheté.

Tout chercheur de vérité et de justice sincère a le privilège de pouvoir s’appuyer sur les promesses fiables de Dieu. Le Seigneur montre clairement que les trésors de la grâce divine sont entièrement à notre disposition, afin que nous devenions des canaux de lumière. On ne peut recevoir les richesses de la grâce du Christ sans désirer les partager. Quand on a l’amour du Christ dans le cœur, on ne peut s’empêcher de considérer comme un devoir et un privilège de le communiquer. Le soleil qui brille dans les cieux déverse ses rayons lumineux sur tous les chemins, les grandes voies comme les chemins de traverse. Il a assez de lumière pour réchauffer des milliers de mondes comme le nôtre. Ainsi en est-il avec le Soleil de justice. Ses rayons de guérison et de joie sont bien assez puissants pour sauver notre petite planète et apporter la sécurité à tout univers créé. Christ déclare que notre Père céleste est plus disposé à donner le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent, que les parents terrestres le sont à donner de bonnes choses à leurs enfants. Le jour de la Pentecôte a fourni une occasion merveilleuse. Dans l’effusion du Saint-Esprit, quel témoignage a été donné à l’abondance de la grâce du Christ ! Pourquoi est-ce que ceux qui prétendent croire à une vérité avancée vivent bien en-dessous de leurs privilèges ? Pourquoi mêlent-ils leur moi à tout ce qu’ils font ? S’ils veulent bannir le moi, Jésus déversera dans l’âme assoiffée un approvisionnement constant du fleuve de la vie. Comment nos ministres peuvent-ils devenir les représentants du Christ quand ils se sentent pleins de suffisance – quand, par l’esprit et par l’attitude, ils disent : « Je suis riche et je me suis enrichi et n’ai besoin de rien » ? Nous ne devons pas être dans une condition de satisfaction personnelle, sinon nous serons décrits comme étant pauvres et malheureux, misérables, aveugles et nus.

Depuis l’époque de la réunion de Minneapolis, j’ai vu l’état de l’Eglise laodicéenne comme jamais auparavant. J’ai entendu le reproche de Dieu adressé à ceux qui se sentent si satisfaits, qui ne connaissent pas leur dénuement spirituel. Jésus leur parle comme il l’a fait à la femme de Samarie : « Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire ; c’est toi qui lui aurais demandé à boire, et il t’aurait donné de l’eau vive. »

Comme les Juifs, beaucoup ont fermé les yeux de peur de voir ; mais maintenant il y a un grand péril, en fermant les yeux à la lumière et en se séparant du Christ, ne ressentant le besoin de rien, comme il en était quand il était sur la terre. Il m’a été montré beaucoup de choses que j’ai présentées à notre peuple avec solennité et sérieux, mais ceux dont le cœur a été endurci par la critique, la jalousie et les suppositions diaboliques ne savaient pas qu’ils étaient pauvres, malheureux, aveugles et nus. Ceux qui résistent aux messages de Dieu par l’intermédiaire de son humble servante, pensent qu’ils sont en désaccord avec la sœur White, parce que ses idées ne sont pas en harmonie avec les leurs ; mais ce désaccord n’est pas avec la sœur White, mais avec le Seigneur, qui lui avait confié l’œuvre qu’elle devait faire.

Ceux qui réalisent combien ils ont besoin de se repentir et d’avoir foi en Jésus-Christ humilieront leur âme et regretteront d’avoir résisté à l’Esprit du Seigneur. Ils confesseront avoir péché en refusant de recevoir la lumière que le ciel leur a si gracieusement envoyée et ils abandonneront les péchés qui ont blessé et insulté l’Esprit du Seigneur. Ils humilieront leur moi et accepteront la puissance et la grâce du Christ, en reconnaissant ses avertissements, ses réprimandes et ses encouragements. Leur foi dans l’œuvre de Dieu se manifestera clairement et ils s’appuieront sur son sacrifice expiatoire. Ils se saisiront personnellement de la grâce et de la justice abondantes du Christ qui deviendra dès lors leur Sauveur. Car ils réaliseront combien ils ont besoin de lui et se reposeront en lui en toute confiance. Ils boiront l’eau de la vie de la Fontaine intarissable. Au cours d’une expérience bénie, ils se mouleront dans le Christ et deviendront participants de la nature divine. L’humain et le divin coopéreront tous les jours et le cœur se répandra en actions de grâce et en louanges au Christ. L’inspiration céleste aura un rôle dans l’expérience chrétienne et nous deviendrons des hommes et des femmes à la mesure de la stature parfaite du Christ.

C’est une connaissance toujours plus approfondie du caractère du Christ qui sanctifie l’âme. Discerner et apprécier l’œuvre merveilleuse de l’expiation, c’est être transformé par la contemplation du plan du salut. En admirant le Christ, nous sommes changés à son image, de gloire en gloire, comme par l’Esprit du Seigneur. La contemplation de Jésus exerce une action ennoblissante et purificatrice pour le véritable chrétien. Il voit le Modèle, et croît à sa ressemblance, et alors les dissensions, les émulations et les conflits sont facilement réglés. La perfection du caractère de Christ devient l’inspiration du chrétien. Quand nous le voyons tel qu’il est, le désir se réveille d’être comme lui, et cela élève l’homme tout entier ; car « tout homme qui a cette espérance en lui se purifie, comme lui Jésus est pur. »

Je suis triste quand je pense que pendant de longues années, la norme a progressivement baissé. On m’a montré que très peu se rendent compte de la présence constante du Maître vigilant qui déclare : « Je connais tes œuvres ». Par l’indulgence du péché, beaucoup ont renoncé à la faveur de Dieu, dénaturé Jésus, oublié sa présence, oublié qu’ils vivent sous son regard, et ainsi ont ajouté le mal au mal. Ce sont des vierges folles. Ils n’ont pas de consolation durable. La puissance de Christ doit être notre réconfort, notre espérance et notre couronne de joie. Celui qui, dans sa lutte pour l’existence, suit sincèrement le Christ, l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde, peut s’écrier : «  La victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi. »

Quelle sorte de foi peut triompher du monde ? Celle qui fait du Christ votre Sauveur personnel, qui vous aide à reconnaître l’impuissance et l’incapacité où vous êtes de vous sauver vous-même. Elle s’appuie sur celui qui apporte le secours puissant du salut, notre unique espérance. Celui qui la possède ne sera pas découragé, mais entendra la voix du Christ disant : « Prenez courage, j’ai vaincu le monde. » « Voici, je suis avec vous tous les jours. »

La raison pour laquelle les églises sont faibles, maladives et prêtes à mourir est que l’ennemi a amené des influences d’une nature décourageante sur les âmes tremblantes. Il a cherché à cacher Jésus de leur vue afin qu’ils ne le voient pas comme le Consolateur, comme quelqu’un qui les avertit, qui les réprimande en disant : « Voici le chemin, vous y marchez. » Christ a tout pouvoir dans le ciel et sur la terre, et il peut fortifier ceux qui vacillent, et corriger ceux qui errent. Il peut inspirer avec confiance, avec espoir en Dieu ; et la confiance en Dieu entraîne toujours la confiance mutuelle.

Chaque âme doit réaliser que Christ est son Sauveur personnel ; alors l’amour, le zèle et la fermeté seront manifestes dans la vie chrétienne. Aussi claire et convaincante que soit la vérité, elle ne parviendra pas à sanctifier l’âme, à la fortifier dans ses conflits, à moins qu’elle ne soit constamment en contact avec la vie. Satan a réalisé son plus grand succès en s’interposant entre l’âme et le Sauveur.

Le Christ ne devrait jamais être absent de notre esprit. Les anges dirent de lui : « Tu lui donneras le nom de Jésus ; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Jésus, quel précieux Sauveur ! En lui se trouvent notre assurance, notre secours, notre sécurité, notre paix. Il dissipe tous nos doutes. Il est le gage de tous nos espoirs. Combien précieuse est la pensée que nous pouvons devenir participants de la nature divine en remportant la victoire comme il l’a remportée ! Jésus est la plénitude de notre espérance, la mélodie de nos cantiques, « l’ombre d’un grand rocher dans une terre altérée », l’eau vive pour l’âme altérée, notre refuge dans la tempête, notre justice, notre sanctification et notre rédemption. Lorsque Christ est notre Sauveur personnel, nous montrerons les louanges de Celui qui nous a appelés hors des ténèbres à sa merveilleuse lumière.

Ce grand dénuement spirituel n’est pas causé par un échec de la part de Christ à faire tout ce qui est possible pour l’Eglise. Notre Père céleste a offert tout le ciel en un seul don, celui de son cher fils. L’œuvre du Saint-Esprit n’est pas de couvrir de plâtre, mais de convaincre le monde de péché, de justice, du jugement à venir. Jésus dit : « Quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi. » La révélation du Fils de Dieu sur la croix, mourant pour les péchés des hommes, attire le cœur des hommes par le pouvoir de l’amour infini et convainc le pécheur du péché. Christ est mort parce que la loi était transgressée, pour que l’homme coupable puisse être sauvé de la peine de son énorme culpabilité. Mais l’histoire a prouvé qu’il est plus facile de détruire le monde que de le réformer ; car les hommes ont crucifié le Seigneur de gloire, qui est venu pour unir la terre avec le ciel et l’homme avec Dieu.