LA COURSE CHRÉTIENNE

LA CULTURE DU CŒUR
01/09/2018
LA GIUSTIZIA DI DIO
01/09/2018

Review and Herald 18 octobre 1881

“Rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et luttons avec persévérance dans la course qui nous est proposée.” Hébreux 12 : 1.

Dans ce texte, l’une des activités les plus célèbres du temps de Paul est utilisée pour illustrer la course chrétienne. Les athlètes se soumettaient à un entraînement douloureux, faisant preuve d’une abnégation  extrême pour que leurs capacités physiques puissent être dans des conditions favorables, puis ils utilisaient ces capacités au maximum pour gagner l’honneur d’une couronne périssable. Certains athlètes ne se remettaient jamais de leurs efforts. Suite à la concentration extrême, des hommes tombaient parfois sur le parcours, saignant de la bouche et du nez ; d’autres mouraient s’accrochant à la pauvre médaille qui leur avait coûté si cher.

Paul compare les disciples de Christ aux athlètes qui courent. « Ils le font » dit l’apôtre, « pour obtenir une couronne corruptible ; mais nous, faisons-le pour une couronne incorruptible. » Ici l’apôtre établit un vif contraste entre le sportif ardent, prêt à faire des sacrifices, et les chrétiens tièdes qui excusent leur égoïsme et refusent de s’imposer les renoncements qui les rendraient aptes à remporter la victoire. Tous ceux qui devaient participer aux compétitions étaient stimulés par l’espoir de remporter le prix. De même, la récompense de la fidélité est promise au chrétien à la fin de la course. Si le prix est gagné, son bien-être futur est assuré ; un poids éternel de gloire est en réserve pour le vainqueur. Par conséquent, les disciples du Christ, avec les attractions du monde céleste devant eux, seront-ils réticents pour renoncer à eux-mêmes et s’épargneront-ils l’effort requis pour s’assurer la couronne impérissable ?

“Ils le font pour obtenir une couronne corruptible ; mais nous, faisons-le pour une couronne incorruptible.” Lors des courses, la couronne d’honneur était placée à la vue des athlètes, pour que si certains fussent tentés pour un instant de relâcher leurs efforts, leur regard demeurerait sur le prix, et ils seraient inspirés avec une nouvelle vigueur. Ainsi le but céleste est clairement présenté à la vue du chrétien, pour qu’il ait sa bonne influence, et l’anime de zèle et d’ardeur. Nous pouvons avec confiance et sérieusement regarder cette rémunération, dont nous pouvons nous assurer l’excellence, et avoir un désir ardent d’en assurer la possession.

Il y avait beaucoup de concurrents, mais un seul remportait le prix. Les autres, malgré une préparation intense, et leurs efforts désespérés, perdaient une fragile couronne de lauriers. Il n’en est pas ainsi de la course du chrétien. Tous ceux qui font preuve de sincérité et de persévérance remporteront la victoire. La course n’est pas au rapide, ni la bataille au fort. Le croyant le plus faible, comme le plus fort, peut recevoir la couronne de gloire immortelle, s’il est fervent et accepte privations et sacrifices pour l’amour du Christ. L’apôtre attire notre attention sur l’entraînement sévère que devait subir celui qui voulait triompher dans ces jeux antiques. Il exhorte tous ceux qui commencent la course chrétienne à se montrer diligents afin de s’assurer le succès. Pour les encourager, il leur présente la couronne de gloire que le juste Juge donnera comme récompense à tous ceux qui seront fidèles jusqu’à la fin.  Il dit, “Moi donc, je cours, mais non pas à l’aventure ; je donne des coups de poing, mais non pour battre l’air. Au contraire, je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur, après avoir prêché aux autres, d’être moi-même disqualifié.”

Paul s’adresse aux Hébreux dans un style similaire : “Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement, et luttons avec persévérance dans la course qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui suscite la foi et la mène à la perfection. En échange de la joie qui lui était proposée, il a supporté la croix, méprisé la honte, et s’est assis à la droite du trône de Dieu. Considérons en effet celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle opposition contre sa personne, afin que vous ne vous abandonniez pas à la lassitude, l’âme découragée.”

Ici est cité à notre attention l’exemple de la multitude de témoins fidèles qui ne sacrifieraient pas leur foi et leur principe pour jouir de l’aisance et de la satisfaction de soi, mais qui ont tout abandonné, sans considérer leur vie, pour la vérité de Dieu. Leur exemple devrait stimuler notre zèle et augmenter notre foi. Mais Jésus est notre parfait modèle ; et quand nous regardons à celui qui en échange de la joie qui lui était proposée, a supporté la croix, en méprisant la honte, cela devrait nous inciter à un plus grand sérieux. Il a ouvert la voie à la récompense céleste dans la gloire. Il a traversé des conflits plus violents que l’homme ne pourra jamais supporter.

“L’athlète n’est pas couronné, s’il n’a combattu suivant les règles.” Un homme peut faire de sérieux efforts pour vaincre, alors qu’il n’est pas en possession du pouvoir physique, mental et moral qu’il pourrait posséder s’il était mis en harmonie avec les lois qui régissent son être. Si, par une indulgence égoïste, il est un homme intempérant, tous les organes de son corps s’affaiblissent, et il est dépouillé du pouvoir mental et moral. Il ne se bat pas légalement. Il ne met pas de côté tout fardeau, et le péché qui enveloppe si facilement. Chacune des lois qui régissent l’être humain devrait être scrupuleusement observée. Toute désobéissance volontaire à cette loi est un péché, au même titre que la violation de la loi morale. Toute la nature proclame la loi de Dieu ; mais le Seigneur a inscrit sa loi sur tout notre être, sur chaque nerf, chaque fibre et chaque organe de notre corps. Nous aurons à supporter des pertes et des défaites si nous nous éloignons du sentier de la nature que Dieu a tracé pour nous égarer dans ceux de notre imagination.

Nous devons agir en accord avec la loi si nous voulons avoir la vie éternelle. Le chemin est assez large et tous ceux qui participent à la course peuvent remporter le prix. Si nous nous créons des appétits contre nature et les satisfaisons tant soit peu, nous violons les lois de la nature et notre état physique, mental et moral en sera affaibli. Nous sommes alors dans l’impossibilité de fournir l’effort persévérant, énergique et prometteur dont nous aurions été capables si nous avions observé ces lois. Si nous affaiblissons un seul de nos organes, nous dérobons à Dieu le service que nous aurions dû lui rendre : “Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu.”

L’apôtre Paul se compare à un homme qui court les courses de l’antiquité, et force chaque nerf, chaque muscle pour gagner le prix. Il ne considérait pas que son travail était terminé alors qu’il pouvait travailler pour la cause de Dieu. Il n’a jamais senti qu’il avait obtenu son diplôme à l’école du Christ, mais il a toujours réalisé la nécessité de garder strictement ses appétits et ses passions, de peur qu’ils ne se fortifient au point de vaincre le zèle spirituel. Il lutta de toutes ses forces contre les inclinations naturelles qui appelaient à l’indulgence illégale. Son propre témoignage était : “Je ne pense pas l’avoir saisi ; mais je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ.” Ce ne fut que lorsqu’il était en procès pour sa vie, qui dépendait d’un mot ou d’un signe de tête du tyran Néron, et qu’il était conscient que sa fin était proche, qu’il s’exclama par des accents triomphants : “J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là.” Cette couronne n’est pas une guirlande de fleurs périssables, mais la glorieuse couronne de la vie éternelle, qui attend tous ceux qui ayant achevé la course chrétienne, aiment l’apparition de notre Seigneur.